Adieu Mars

Mars s’achève.

En résumé.

J’ai observé ma fille dormir, le plus doux des cadeaux.

J’ai dévalisé Hema pour nourrir les après-midi grises et pluvieuses qu’on a eu. Sur le thème de Pâques ils ont beaucoup de choix, c’est juste parfait pour ma petite artiste en devenir.

J’ai rangé, décoré. Il me reste encore deux étagères Bekvam d’Ikea que j’ai repeinte récemment à accrocher. Je supporte de moins en moins le bazar. Allo Freud ?

J’ai commencé à planifier des menus pour chaque jour de la semaine (régime de printemps oblige) grâce au Weekly Planner de Mr Wonderful (J’adore leur baseline « le magasin le plus cool du monde »!) Ils ont toute une gamme de papeterie très sympa. Leurs petits carnets sont aussi à craquer.

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J’ai une jolie bougie « Moment Spécial » MrWonderful à vous offrir (voir photo plus bas).
 Un petit commentaire en bas de ce billet et je tirerai au sort un de vos petits mots.

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07.01.2015

Après la tristesse, l’effroi et la colère d’hier, je me suis posée beaucoup de questions, comme nous tous.

En premier jour des soldes j’avais prévu une virée nocturne dans un grand magasin parisien de la rive gauche. Evidemment, c’est chez moi que je suis rentrée très vite, je n’avais qu’une seule envie : serrer ma fille très très fort. Je voulais qu’elle me donne, qu’elle me transmette toute son innocence, toute sa naïveté et sa joie qu’a une petite enfant de 2 ans. J’en avais besoin.

La soirée était très douce malgré tout ce chaos. J’ai ravalé mes larmes. Rester digne face à elle. 20h a sonné. J’ai allumé la radio pour écouter notre président d’une oreille pendant que je lisais un conte à mon bébé avec l’autre partie de mon cerveau disponible pour elle à ce moment-là. Je l’ai couchée. Je lui ai dit que je l’aimais fort comme les autres soirs, mais j’ai rajouté autre chose. Je lui ai dit que quoi qu’il arrive dans sa vie on serait toujours, son papa et moi, unis, forts et qu’on la protégerait contre toutes les choses pas belles dont elle serait témoin, et qu’il ne lui arriverait jamais rien. Jamais tant qu’on serait là. Elle n’a sûrement pas tout compris, mais elle m’a fait un calin silencieux en enroulant ma nuque avec son petit bras. Je ne me suis jamais sentie aussi en vie à ce moment.

J’ai fermé sa porte et j’ai pleuré.

J’ai allumé la télé. La radio. Regardé Twitter. Facebook. Je me suis saoulée d’informations.

Et je me suis demandée dans quel monde j’avais donné vie à mon enfant. Pour la première fois j’ai douté. Parce que oui j’ai peur. De 2015, et des autres années qui vont arriver. J’ai peur de ce monde, de ce pays instable où les amalgames sont tellement tentants pour les détracteurs.
Les mauvais raccourcis. Par manque d’instruction, les genéralités se font mais ne se defont pas malheureusement. J’ai peur de cette liberté dont on essaie de nous priver pour laquelle nos ancêtres se sont battus tellement fort.

Avant de me coucher j’ai vérifié que les bougies que j’avais posé sur ma fenêtre brillaient toujours.

Aujourd’hui, le jour d’après, la tristesse est toujours là.

Mais nous sommes plus forts, je le sens. Tous ensemble avec notre peine.

L’heure du bilan

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Il paraîtrait que c’est l’heure du bilan.

Comment dire.

2014.
Une année dure.

Une année où plusieurs fois je me suis sentie découragée. J’a voulu baisser les bras. Non non non ne lâche rien, serre les dents. Qu’il est dur d’être une maman qui travaille. Qu’il est dur de jongler avec la ville parisienne, rude, son rythme et sa couleur si grise qu’elle commence vraiment à me peser. Qu’il est dur de gérer une vie sociale quand on n’a pas un abonnement quotidien avec une baby-sitter. Qu’il est dur de comprendre un petit-être de deux ans se fabriquer, se construire. Qu’il est dur de s’évader même une heure. Seule.

Je pense qu’en 2014 il y a surtout eu un avant et un après. Je me suis sentie très préoccupée par mon rôle de maman. J’en ai parfois oublié que j’étais aussi une femme, une amoureuse, une amie, une sœur. Je tiens d’ailleurs à m’excuser auprès des personnes (qui se reconnaîtront sûrement) qui se sont senties un peu délaissées. Voilà ce que coûte l’envie de perfection. Oui, je veux être une maman parfaite, je l’avoue. Je veux que les relations avec ma fille soient les plus solides, les plus sincères, les plus douces. Je veux atteindre le bonheur, pour elle, pour moi, pour nous.

Car ce qu’il est doux de la voir grandir, me sourire, me faire un « bisou nez maman ».

Chaque jour est un cadeau suprême. Chaque avancée, chaque nouveau mot, nouvelle phrase, nouvelle manie, nouvelle expression sur son visage, nouvelle grimace. Un bonheur sucré que je savoure chaque petite seconde.

Mais 2014, c’était aussi l’année du changement. Allez faisons la paix 2014, si tu le veux bien car tu as été aussi un peu chouette, j’en conviens.

Dès janvier, il y a eu un pacs fêté avec gourmandise chez Es (qui se voyait couronner d’une étoile au Michelin quelques semaines après, héhé, et ça on l’avait pressenti) et une autre chouette nouvelle aussi qu’on a bien célébrer.

En février, il y a eu une décision à prendre : déménager. Pas pour forcément beaucoup plus grand, mais un appartement plus agréable, avec un mini balcon sur lequel faire pousser jasmin, bougainvilliers, herbes aromatiques et succulentes : et ça y est me voilà la plus heureuse dans mon déguisement de jardinière apprentie !

En mars, cartons et sessions Ikea à gogo. De la fatigue donc.

En avril, on a commencé à se sentir bien chez nous. Pas notre chat pour qui ce déménagement allait signer le début de la fin.

En mai, un long week-end pour se ressourcer sous les embruns marins et recharger les batteries, tellement à plat.

En juin, on a dit donc adieu à notre fidèle compagnon poilu. Au-delà du deuil, ce qui m’a immédiatement manqué c’était la fin de la complicité qui commençait à s’installer avec ma Douce. Ils étaient tellement mignons ces deux-là.

En juillet, encore la mer : besoin de souffler après ce juin triste.

En août, jolie découverte de la ville de Nantes (tu viens, on déménage là-bas ?) et Yeu encore, pour les vraies vacances en famille, avec les amis. Des bons moments, ceux qu’on attend avec impatience toute une année.

En septembre, fini de rigoler ! Rythme éreintant. Octobre, novembre : reprise active du tricot combiné à 7 ateliers sur la Discipline Positive, je vous envoie du rêve hein ? Ces deux mois ont été complètement mis entre parenthèse. On s’est pas beaucoup amusés. N’empêche, on a tous avancé, et le plus dur est vraiment derrière.

Décembre ? Le 3e Noël de mini N. mais le seul, le vrai, le premier qui signifie quelque chose pour elle. Moi qui ai toujours détesté cette période de l’année, j’ai vraiment pris plaisir à renouer avec ces traditions.

Et demain ? Pour 2015, je me souhaite un peu plus de fantaisie, des voyages, de l’improvisation, de la santé, des projets, des pauses, et de la joie à gogo.
Et je vous souhaite tout pareil aussi. <3

Allez bye-bye 2014. Sans rancune. Mais je pense que je vais préférer 2015.

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La vieille photo

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S’il y a une rubrique que j’aime lire avec émotion, c’est celle de la Vieille photo de Camille. Cette semaine j’ai lu les billets où, à leur tour, Eve, Elisa et Paulette ont ressorti leurs vieilles photos chacune. J’ai été touchée. Aux larmes parfois. J’ai eu envie moi aussi de faire quelque chose que je ne fais pratiquement jamais.

Repenser 5 min à mon enfance.  Juste 5 minutes.

Une enfance pas très gaie (n’en déplaise à ma famille quand je dis ça mais c’est ma vérité). Une enfance ballotée. Des disputes. Des changements. Des déménagements. Des bouleversements. Des choses que des enfants de 5-6 ans n’ont pas à vivre. Alors pour mettre un cadre à tout ça c’est ma grand-mère qui va m’élever. Avec elle j’ai des repères. Mes repères d’enfants, en attendant que je me construise sur un tas de ruines et de désillusion.

Alors voilà, sur ma vieille photo, on est en août 1987, en Croatie.
Je passe le premier été sans ma maman. En juillet je suis partie avec elle à la montagne. En août, je passe un mois avec mon papa. C’est la première fois que je suis loin d’elle si longtemps. Mes parents ont divorcé l’année dernière. Tout est très chaotique pour moi petite fille timide, sage et facile. Je rêve qu’elle vienne nous rejoindre mais ce n’est pas possible. Je ne pose aucun souci à mes parents, le climat étant déjà difficile je m’efface très bien. Je suis le rythme imposé par la juge. Un weekend sur deux avec mon papa et la moitié des vacances scolaires. Oui mais c’est dur quand on est si petite.
Mon père a invité sa cousine à passer quelque temps avec nous. Il se dit probablement qu’une présence féminine peut m’aider à appréhender cet été qu’on va passer lui et moi. Le premier. Elle est très gentille mais on ne parle pas la même langue, nos échanges sont donc brefs.
Là on a passé la journée à la mer. En descendant sur le chemin de la plage on s’est arrêté et on a dégusté des prunes. A la plage, je ne suis pas encore habituée, les galets me font mal aux pieds. Ça fait rire mon père. Pas moi. En rentrant de la plage mon père m’a acheté des chewing-gum au nom exotique « Chunga Lunga ». Les Malabar locaux. Là j’ai pris ma douche, j’ai les cheveux débarrassés du sel de la journée. On dîne sous le figuier. De la soupe comme tous les soirs. J’ai fait la tête au début mais finalement j’aime bien, malgré la chaleur. Ce soir il y a des crêpes à la marmelade. Je suis étonnée car ici on roule les crêpes, alors que ma grand-mère bretonne les plie. Tout à l’heure on ira manger une glace. Une banana split. Comme tous les soirs quand la nuit tombe.
Après je m’endormirai, triste, et les yeux mouillés. Pas sûre que je fasse de beaux rêves. Pas une fois je n’évoque ma maman qui me manque. Je n’ai même pas le souvenir qu’elle m’appelle. Mon père a du être ferme. Ce sont SES vacances avec moi. Elle est sûrement triste à quelques milliers de kilomètres, mais je ne le sais pas, je l’imagine. Bientôt l’été va se terminer. Oui je rigole avec mon papa, mais ce n’est plus comme avant. J’aime cette photo car elle respire l’été et la dureté de la vie que je supporte, avec mes petites épaules d’enfant qui subit un schéma de vie que je n’ai pas choisi. Je n’ai pas encore le droit de prendre des décisions, sinon je n’aurais pas choisi de passer un été comme celui-ci. Alors je rêve et je n’en ai qu’un seul, un très gros : oublier cette année et faire un bond dans le passé. Pas étonnant que je sois si nostalgique à l’âge adulte.  L’été 1987. L’été de mes 7 ans. L’âge de raison et celui de comprendre.

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