07.01.2015

Après la tristesse, l’effroi et la colère d’hier, je me suis posée beaucoup de questions, comme nous tous.

En premier jour des soldes j’avais prévu une virée nocturne dans un grand magasin parisien de la rive gauche. Evidemment, c’est chez moi que je suis rentrée très vite, je n’avais qu’une seule envie : serrer ma fille très très fort. Je voulais qu’elle me donne, qu’elle me transmette toute son innocence, toute sa naïveté et sa joie qu’a une petite enfant de 2 ans. J’en avais besoin.

La soirée était très douce malgré tout ce chaos. J’ai ravalé mes larmes. Rester digne face à elle. 20h a sonné. J’ai allumé la radio pour écouter notre président d’une oreille pendant que je lisais un conte à mon bébé avec l’autre partie de mon cerveau disponible pour elle à ce moment-là. Je l’ai couchée. Je lui ai dit que je l’aimais fort comme les autres soirs, mais j’ai rajouté autre chose. Je lui ai dit que quoi qu’il arrive dans sa vie on serait toujours, son papa et moi, unis, forts et qu’on la protégerait contre toutes les choses pas belles dont elle serait témoin, et qu’il ne lui arriverait jamais rien. Jamais tant qu’on serait là. Elle n’a sûrement pas tout compris, mais elle m’a fait un calin silencieux en enroulant ma nuque avec son petit bras. Je ne me suis jamais sentie aussi en vie à ce moment.

J’ai fermé sa porte et j’ai pleuré.

J’ai allumé la télé. La radio. Regardé Twitter. Facebook. Je me suis saoulée d’informations.

Et je me suis demandée dans quel monde j’avais donné vie à mon enfant. Pour la première fois j’ai douté. Parce que oui j’ai peur. De 2015, et des autres années qui vont arriver. J’ai peur de ce monde, de ce pays instable où les amalgames sont tellement tentants pour les détracteurs.
Les mauvais raccourcis. Par manque d’instruction, les genéralités se font mais ne se defont pas malheureusement. J’ai peur de cette liberté dont on essaie de nous priver pour laquelle nos ancêtres se sont battus tellement fort.

Avant de me coucher j’ai vérifié que les bougies que j’avais posé sur ma fenêtre brillaient toujours.

Aujourd’hui, le jour d’après, la tristesse est toujours là.

Mais nous sommes plus forts, je le sens. Tous ensemble avec notre peine.

7 Comments

  1. mybrouhaha 8 janvier 2015

    <3

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  2. Nico 8 janvier 2015

    <3

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  3. airway 8 janvier 2015

    Bravo, tu me fais chialer au boulot…

    i~i

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  4. solenne 8 janvier 2015

    n’ayons pas peur…

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  5. mimikams 8 janvier 2015

    très bel article qui restranscrit ce que j’ai fait aussi hier soir :( mille baisers

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  6. Billie 8 janvier 2015

    <3 parce que tu dis là si bien ce que je ressens, et les questions que je me pose aussi en regardant ma fille de 2 ans. Merci.

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  7. Camille 9 janvier 2015

    Je ne sais pas trop quoi dire, à part <3.
    Le monde est fou, mais le monde est aussi capable d'etre bien plus fort que ces fous.

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