Le pays de Moriarty

La semaine dernière, j’ai assisté à un concert fascinant. Je vous en parle en presque avant-première et retenez bien ce nom car très vite ils seront en couv des Inrock ou de Télérama, j’en suis certaine… Moriarty.
Je plante le décor : la salle de billard de l’Olympia. Long hall pas très large, parquet au sol, très haut de plafond, carrelages, moulures, boiseries et peintures dans des teintes vert d’eau, grands miroirs, et deux rangées de chaises formant l’allée centrale qui mène à la scène. Ambiance très intime. Puisqu’on ne devait pas être plus de 60 personnes à tout casser, alors oui je me suis sentie dans le « truc » plus facilement que si j’étais dans la salle d’à côté, la grande et majestueuse, à écouter Laurent Voulzy chanter « Marie Galante« .

Je venais pour la dernière partie de ce petit festival : Moriarty. Le mois dernier, j’en avais déjà parlé . Depuis la première note de musique de Jimmy entendue sur Radio Nova, je suis fan. Mais très fan.
Moriarty c’est Rosemary, la jolie rousse au teint clair et ses quatre acolytes. La « diva et ses quatre frères musiciens« , comme ils s’amusent à écrire dans la presse. Ou comment cultiver un certain mystère, et bien oui ils ne sont pas frères et sœurs, c’est une évidence, {Moriarty c’est aussi l’ennemi de Sherlock Holmes…}, alors on sait peu de choses sur eux, à part qu’unis, sur scène ils vous en foutent plein les yeux, plein le cœur. C’est plus qu’un groupe de musique folk lambda, ils s’amusent aussi à jouer, chaque chanson avait ainsi sa petite mise en scène.
J’explique. Avant qu’ils ne se mettent à chanter, je les ai regardés planter le décor (comme pour celui d’une pièce de théâtre), trimbaler et installer leurs énormes malles poussiéreuses, leur paravent aux motifs floraux un peu délavés, poser leurs instruments, le xylophone, le tambourin, le rouleau de scotch, l’éventail à plumes blanches dans un coin, la tête de bambi biche taxidermisée dans un autre, le fauteuil ici etc. Une ambiance un peu cabaret, ça swinguait, ça jazzait, ça folkait : un vrai bonheur musical, et comme si ces 5 personnes appartenaient à une autre époque…
Rosemary m’a d’ailleurs fascinée. Grands yeux verts à la Regina Spektor. La chanteuse franco-canadienneholster se tenait très droite, très fière sur scène, les mains derrière le dos, me transportant avec sa voix douce et mélancolique que je ne me permettrais pas de comparer avec telle ou telle autre chanteuse, pendant qu’elle s’amusait avec le contrebassiste, ou l’harmoniciste (portant d’ailleurs une ceinture remplie d’harmonicas) ; tous les cinq, serrés sur scène me transportaient dans un autre monde, certes énigmatique mais aussi très onirique… Et puis moi, quand il s’agit de rêver, je me laisse aller…

En sortant, j’étais sur mon petit nuage, fredonnant Jimmy ou Cottonflower, cette dernière chanson que j’ai d’ailleurs tirée au sort dans une matriochka qui passait parmi les spectateurs : j’ai trouvé le concept plutôt sympa de décider, grâce à la contribution du public (et du hasard), quelle chanson allait être interprétée !
Bon j’arrête, je pourrais vous en parler encore pendant des heures. En attendant, le 9 octobre, c’est la sortie de leur premier album « Gee Whiz but this is a Lonesome Town » (Naïve) et le 15 octobre, ils jouent à la Maroquinerie à 19h30 pour ceux qui seraient inspirés !

Pour écouter quelques extraits et vous faire une idée c’est ici ou .


Message spécial : un grand merci à la maman de Rosemary qui a très gentiment, à la demande de mon chéri, réussi à nous obtenir un dossier de presse du groupe et nous l’a donné, c’était très chouette de sa part, merci encore.

© Photos by me


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